Leeds Festival 2001
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C'est sous une tente remplie à craquer, et ce malgré l'envie curieuse d'aller voir à quoi ressemble Eminem sur la grande scène, que Mercury Rev entre en scène.
Commencent alors 50 minutes de magie, et la présentation du bien nommé dernier album All is dream. La tente se transforme alors dès les premières notes en une grosse bulle en apesanteur, dirigée par le regard et les gestes hypnotiques de Jonathan Donahue, gonflée par ses chansons atmosphériques. On se laisse entraîner, flotter, en pleine confiance, les yeux écarquillés de ravissement. Soudain on oublie tout, la pluie et les champs humides qui nous attendent, et on est forcé, et heureux, de se laisser submerger par cette musique angélique, ligotés par les guitares ondulantes de Grasshopper.
Quand Jonathan lève les bras en chantant "you fly, in the face of the sun " sur Tide of the moon, on l'imagine s'envoler vraiment, quand il se retourne pour diriger le groupe comme un chef d'orchestre, on essaye de se dire qu'il en fait trop, mais il y en a toujours trop dans les contes de fée, et quand, raccourci par les retards de la journée le set se termine déjà, on reste quelques instants debout, pour profiter encore de quelques instants de beauté.
Comme dans un Rev (elle a déjà du être faite, celle-là).
Mercury Rev a montré une fois de plus, alors que la main stage était aujourd'hui principalement consacrée au nu-metal, qu'être envahi par un émerveillement enfantin procure le plus grand des plaisirs, et on assiste au meilleur concert de la journée.

Céline
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