C'est
sous une tente remplie à craquer, et ce malgré l'envie
curieuse d'aller voir à quoi ressemble Eminem
sur la grande scène, que Mercury Rev entre
en scène.
Commencent alors 50 minutes de magie, et la présentation
du bien nommé dernier album All is dream.
La tente se transforme alors dès les premières
notes en une grosse bulle en apesanteur, dirigée
par le regard et les gestes hypnotiques de Jonathan
Donahue, gonflée par ses chansons atmosphériques.
On se laisse entraîner, flotter, en pleine
confiance, les yeux écarquillés de
ravissement. Soudain on oublie tout, la pluie et
les champs humides qui nous attendent, et on est
forcé, et heureux, de se laisser submerger
par cette musique angélique, ligotés
par les guitares ondulantes de Grasshopper.
Quand Jonathan lève les bras en chantant "you
fly, in the face of the sun " sur Tide of the
moon, on l'imagine s'envoler vraiment, quand il se
retourne pour diriger le groupe comme un chef d'orchestre,
on essaye de se dire qu'il en fait trop, mais il
y en a toujours trop dans les contes de fée,
et quand, raccourci par les retards de la journée
le set se termine déjà, on reste quelques
instants debout, pour profiter encore de quelques
instants de beauté.
Comme dans un Rev (elle a déjà du être
faite, celle-là).
Mercury Rev a montré une fois de plus, alors
que la main stage était aujourd'hui principalement
consacrée au nu-metal, qu'être envahi
par un émerveillement enfantin procure le
plus grand des plaisirs, et on assiste au meilleur
concert de la journée.
Céline
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