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Critique de "Deserter's Songs"
1998 - V2 music |
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Voilà le disque le plus gonflé de l'année
! Une collection de sons et de chansons à vous faire
déserter la terre, quitter le sol pour rejoindre des
contrées strastosphériques, des horizons féériques.
Pourtant, à l'embarquement dans le dirigeable Mercury
Rev, ça frise la surcharge. Les guitares sont un peu
paumées au milieu des violons et des cordes en tout
genre, des cuivres hauts en couleurs, des synthés
et des clavecins, des flutes et des hautbois, des vocalistes
et des siffleurs... Même le bonne vieille scie musicale
est du voyage ! Avec cette soute bien chargée, on
pouvait craindre l'écrasement en bout de piste, façon
Neil Hannon (celui qui vole à deux centimètres
du sol en cette fin de siècle). Mais dès la
montée irrésistible de Holes, on sait qu'on
est à bord d'un engin plus léger que l'air.
Des arrangements d'une subtilité magistrale, les mélodies
imparables, des trouvailles sonores dans les coins, chaque
titre révèle un univers différent. Des
entrechats élégants de Tonite It Shows aux
vocalises de Endlessly en passant par cette scie qui papillonne
telle une lanterne-luciole, tout est arrangé avec
légèreté et grâce. Grandiose mais
jamais grandiloquente, sensuelle mais jamais gluante, planante
mais jamais paumée, la musique de Mercury Rev a opéré son
incroyable révolution. Deserter's songs, c'est de
la musique en cinémascope, des chansons pour l'espace,
des symphonies pour grand écran. D'ailleurs Jonathan
Donahue et Sean "Grasshoper" Mackiowiak enregistrent
sur bandes 35mm. Vous avez dit cinéma ? Si Mercury
Rev a déserté la pop d'ici bas, c'est pour
mieux la retrouver, plus élégante et plus jouissive
que jamais. Ne chercher pas le supersonic, c'est seulement
intersidérant !
Philippe Garnier
www.popnews.com